Les Ateliers de Calès - Les lieux.


 

D'un côté, l'antre de Vulcain, de l'autre un espace apollinien de clarté, ouvert sur l'espace.

Le premier atelier, celui des origines, entasse ferrailles, ossements, ficelles et bois flottés, et mille autres objets dépareillés ou cassés, sous la protection des fétiches et des masques. Ce désordre est indispensable au travail du fer où l'oeil a décelé avant que les mains ne prennent son relais, un agencement fertile, une oeuvre - peut-être ?

Le second atelier fut inauguré le 18 avril 2003 par sa marraine Françoise Gilot. Celle qui fut, durant dix ans, la compagne de Picasso dont elle eut deux enfants, Claude et Paloma, poursuit encore aujourd'hui son oeuvre exposée partout dans le monde. Elle a bien voulu présider à la création du nouvel espace. Ce jour-là, elle a tenu à respecter un rite de passage qui veut qu'un artiste confirmé passe le relais à un autre en offrant un objet comme gage de son amitié et de sa confiance en lui. Françoise Gilot avait choisi un livre à croquis de très beau papier filigrané, de Venise. De l'artiste, elle affectionne surtout les sculptures en fil de fer.

Dans cet atelier lumineux, Jean-René Laval s'adonne à la linogravure, au modelage sur la glaise. C'est là qu'il reçoit des enfants venus s'initier aux techniques de la sculpture sur pierre ou sur bois, au modelage ou à la poterie.

Ces deux lieux, l'ancien et le nouveau, se répondent donc et permettent à Jean-René Laval d'alterner ses productions. Dans l'un, l'oeuvre naît du foisonnement des matériaux, de leur rencontre, engendrée dans l'effervescence d'un geste sans repentir, confiant dans le hasard... quitte à renvoyer certaines pièces à la décharge.

Le second atelier est propice à la concentration, à l'ascèse du geste maîtrisé, à la sérénité qui ne laisse aucune place au hasard.

Deux lieux, deux modes pour poursuivre un dialogue avec les formes où l'artiste exprime l'esprit de la matière qui lui dicte ses choix.

Annie Maïllis

Petit tour d'atelier !